Retour sur Merce CUNNINGHAM

Un petit retour sur Merce CUNNINGHAM me semble nécessaire. En quoi ce documentaire, et ce que j’ai appris au travers de ce travail, peut me servir dans mon propre travail ? Si je ne me pose pas cette question alors tout le travail effectué en amont n’aura servi à rien.

Tout d’abord mon travail s’inscrit dans les art “vivants” donc sur un art qui a besoin d’excité pour être présent. Comme l’a soulevé le documentaire, la trace et l’archivage de ses œuvres deviennent plus compliqué dès lors où l’on s’accorde pour dire que ces œuvres n’existent que dans le court temps qu’est la représentation. Comment en garder une trace ? De nos jours, la vidéo semble être la forme le plus utilisé et la plus pertinente pour garder une archive d’une performance, mais cette archive n’est l’archive de de cette performance. La nécessité de créer un protocole précis pour remonter la performance apparait alors comme la trace la plus pertinente pour que cette œuvre puisse être à nouveau jouer.

Se pose alors la question du protocole. Qu’est-ce que ce protocole ? Comment le rédiger ? Quelle forme lui donner ? Dans le documentaire sur l’héritage de Merce C. David VAUGHAN et son équipe ont répondu à ces questions par la création des “capsules de danse”. Ces “capsules de danse” contiennent des éléments nécessaire pour remonter les spectacles de Merce CUNNINGHAM. Le choix a été de regroupé un maximum d’information sur les décors, la musique, les traces de performances antérieurs sous forme de photo ou vidéo. Mais dans le cas présent les “capsules de danse” n’ont pas été laissé par Merce CUNNINGHAM lui-même. Certaines zones d’ombre sur des chorégraphies demeurent.

D’autres questions me viennent alors. Le protocole lui même ne peut-il avoir le statut d’œuvre ? Quelle part de liberté laisser aux danseurs, metteurs en scène et autres artistes qui souhaitent réutilisé ces protocoles ? Car les arts “vivants” sont sujet des changements entraînés par “ces vivants” qui rejouent les pièces avec leur sentiments du moment, leur vécût et leur histoire, à cet instant présent de la représentation. A partir de quel moment l’œuvre originale, dans l’idée de son chorégraphe, devient-elle l’œuvre de ses interprètes ?

Pour cela je suppose qu’il va me falloir me renseigner sur des artistes qui ont travaillé cette notion du protocole.

D’autre part sur le plan de la danse. Il m’est impossible de regarder et d’écouter ce documentaire sans faire des ponts avec le tango argentin.  La première chose qui a été pour moi importante dans la recherche de Merce CUNNINGHAM est cette notion de déplacement entre deux formes. En tango argentin, qui est une danse d’improvisation, nous apprenons des structures que nous devons par la suite liée. De plus il est important de concevoir que chaque pas est un déplacement conscient qui a la durée d’un temps. Ce qui signifie que le déplacement est en réalité le pas, le passage d’une posture A à une posture B.

Ensuite Merce CUNNINGHAM avec John CAGE ont proposé que la musique et la danse n’est plus une relation dépendant l’une à l’autre. “Les danseurs peuvent evoluer sur leur deux jambes sans que la musique ne les porte” – Merce CUNNINGHAM – Or ce que Astor PIAZZOLLA tente de faire à un moment de sa carrière est de la musique pour la musique et non plus de la musique à danser. Il joue avec les limites des possibilités du tango musical, créant une musique indansable est pourtant résolument tango. Une musique qui existe pour elle-même.

Il y a ensuite la dissociation que Merce CUNNINGHAM va finalement mettre en avant très tard dans sa carrière, puisqu’elle apparait avec CRWSPCR en 1993, avec l’utilisation de l’ordinateur. Je trouve cela surprenant car en tango tout repose sur la dissociation du torse/bras avec les jambes. A moins que la dissociation que je connais maintenant en tango argentin ne soit le résultat des recherches mené dans les années 90 autour du tango dit nuevo.

Quoiqu’il en soit des recherches doivent être faites autour de la création de protocole artistiques, d’artistes travaillant autour de ces protocoles.
Je dois aussi continuer mes recherches autour de différents chorégraphes et danseur tel que Steve PAXTON, par exemple.
Ainsi que continuer la rédaction du blog sur mon stage en allemagne.

About svetlanazehnder

Art student in France. My interests are : Tango and dancing, the people and their own stories, childhood illness and Japan and its'own culture. I treate these themes using sound, video and installation.
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One Response to Retour sur Merce CUNNINGHAM

  1. ab says:

    La notion de protocole s’applique à de nombreux travaux d’artistes, bien au-delà de la sphère des arts vivants. Beaucoup d’artistes conceptuels (plasticiens) utilisent des protocoles pour “faire” leurs œuvre. En musique aussi (tu cites John Cage évidemment) mais il y en a d’autres plus proches de nous. Je remarque cependant que tout cela est l’héritage – peut-être – d’une certaine période, issue des années 70.

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