“Hymne” de Lydie Salvayre : Les raisons qui font d’Hendrix une figure à son époque

Sur les conseils d’Alice VERGARA je me suis penché sur l’écoute d’une interview de Lydie SALVAYRE pour la libraire la Galerne autour de son roman biographique : Hymne, paru aux éditions Seuil.

Dans ce roman biographique Lydie SALVAYRE revient sur la performance de Jimi HENDRIX à WOODSTOCK en 1969 où il interpréta l’hymne Américain. Cette interprétation était bien évidemment joué avec tout ce qui fait d’Hendrix un génie de la musique américaine, et a aussi secoué un public qui comme lui refusait l’actuelle guerre au Vietnam.

C’est d’ailleurs sur cette importance du contexte historique que Lydie SALVAYRE va revenir. Actuellement nous considérons Hendrix comme une icône de la musique, mais nous en oublions l’environnement dans lequel il a forgé sa légende.
En effet Hendrix est né dans une Amérique raciste, où le métissage culturel à tous les plans était plus que mal vu. Or Jimi HENDRIX est métisse d’origine : grand-mère Cherokee, sang noir et sang blanc ; trois origines dans un seul corps, une existence non reconnue par le système américain alors en place. Et ce métissage se témoigne aussi dans sa musique : il joue du rock, de la musique de blanc pour les blanc, mais il y intègre des airs de blues et les improvisations du jazz qui sont les musiques de noirs pour les noirs, tout en empruntant des mélodies que sa grand-mère lui fredonnait, des mélodies indiennes. Un tel métissage est inacceptable pour la grande partie du public américain.
Cependant cette force et ce désir d’affirmation des origines qui créent chez lui une musique puissante. C’est un artiste qui retourne tout ce qu’on lui interdit d’être, sur scène.
Quant il joue l’hymne américain à WOODSTOCK il y intègre ces origines : son rock blanc, son jazz et son blues noir, et la sensibilité (jusque dans les vêtements) des Cherokee. Il joue l’hymne d’un pays qui se veut purement blanc, qui refuse le métissage de son peuple, qui ignore ses minorités, tout en exprimant l’existence de ces cultures. Il joue un hymne militaire pour témoigner son refus de la guerre.

Si l’on fait abstraction du contexte socio-culturelle du moment alors cet hymne est juste une performance musicale, elle perd la majorité de son message et de sa puissance. Si l’on ne prend en compte l’environnement de création d’une oeuvre ou d’une pièce l’on brouille sa lecture.

Pour voir et écouter cet hymne joué par Jimi HENDRIX :

About svetlanazehnder

Art student in France. My interests are : Tango and dancing, the people and their own stories, childhood illness and Japan and its'own culture. I treate these themes using sound, video and installation.
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