CR : Colloque “La présence : voix et discourt, images et représentation” (Jeudi 17 Oct. UNIQUEMENT)

Du 17 Octobre au 19 Octobre se déroulait sur le campus de Poitiers le colloque sur le thème de “la présence” dans le cadre des recherches mené par le laboratoire B1 de FoReLL. Il est à noter que le laboratoire FoReLL se subdivise en quatre laboratoires de recherche A, B1, B2, et B3, et que ces recherches sont menées dans la facultés des Sciences Humaine et de la Société. Il est aussi à encourager les recherches de ce laboratoire dans le sens où il propose un regard croisé sur les sciences via l’art de la littérature mais aussi l’art plastique sous ses diverses formes.

N’ayant assisté qu’à la première demi-journée de colloque je m’en tiendrais aux prises de notes effectuées ce jour-là.

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Tout d’abord, Michel BRIAND ouvrit le colloque en laissant le soin à Pierre TRUCHOT, qui intervient le samedi, de présenter succinctement l’exposition photographique qui accompagnait le colloque. Cette série de photographie, prêtée par le FRAC – une première – a été réalisée par l’artiste Bruno SERRALONGUE. Ce dernier, artiste engagé, a suivi l’occupation d’une usine en Grande-Bretagne par ses employés. En effet l’usine devait fermé créant un énorme taux de chômage dans la région, et les employés révoltés avaient menacé de faire exploser l’usine en s’enfermant à l’intérieur. Pour Pierre TRUCHOT ces photos expriment cinq variante de la présence qui sont entre autre : l’occupation des lieux, l’action de présence dans les média, et la présence qui se maintient dans les esprits. Bien évidemment ces propositions seront expliquées, argumentées par Pierre TRUCHOT samedi lors de sa communication.

Après quoi Bertrand COSNET pris la parole pour ouvrir les discussions de cette après-midi. Son intervention, intitulée Représenter les abstractions à la fin du Moyen Âge : les propriété des personnifications, proposait une présence, ou un désir de présence par l’Eglise et les peintres de la personnification, mettant cette dernière en opposition avec les allégories. En effet si l’allégorie est une métaphore, la personnification représente, elle rend présent son sujet. Une des façon dont les personnification sont rendu présente est la corporéité qui leur est accordé dans les écrits. Ainsi les vertus et les vices subissent ou infligent des blessures, dans la Psychomachie de Prudence. La poésie médiévale poursuit en mélangeant fiction et réalité par des rencontres des personnifications avec des héros ou les auteurs eux-même, comme le Mariage de Saint François avec la Pauvreté. Bertrand COSNET termina son exposé avec Proust qui humanise les personnifications des vertus dans ses écrits avec l’exemple de la Charité qu’il compare à sa cuisinière.

Guilhem FARRUGIA prit la suite à la fin des questions posées à Bertrand COSNET et que je ne mentionne pas ici. Le propos de ce chercheur spécialiste de Diderot, était de nous rappeler ou plutôt de mettre en lumière que : d’une part le cogito de Descartes venait d’une expérience, et d’autre part que le bonheur que cite Diderot prend deux formes qui dépendent d’une présence  à soi et au monde. Le titre de sa communication était : L’expérience de la présence chez Descartes et Diderot.
Commençons donc par Descartes. Alors même que nous connaissons et reconnaissons Descartes comme grand maître du scepticisme et du rationalisme, il est à croire que l’une de ses plus grandes découvertes dans les Méditation métaphysique soit le fruit d’une expérience. Le cogito aurait été découvert sans aucun raisonnement. Par l’absence de raisonnement ! Je suis actuellement en train de penser, je fais l’expérience même de la pensée : “ego sum, ego existo”, le sujet est l’auteur de l’expérience. Il est alors possible de douter de tout objet, mais l’expérience du doute réaffirme le sujet. C’est une relation immédiate du Soi à soi. La pensée implique une immédiateté de la présence à soi.
Rousseau rejoue cette expérience de la présence à soi mais en y incorporant des variantes : “Je pense donc j’existe.” L’existence est une dynamique de la présence. En s’intéressant par la suite au bonheur présent dans le tome 3 des Confessions”, Rêverie du promeneur solitaire, Guilhem FARRUGIA mit en avant deux type de présence qui entraîné deux variante du bonheur. La première qui suppose une présence complète à Soi et une plénitude de l’instant est le bonheur en retraction intérieur c’est une présence à soi-même. La seconde le bonheur expansif propose une rupture avec le Moi, une absence au Soi, une “dissolution du moi, un éclatement du moi, une fusion avec le monde”, il se rapproche de l’état de ravissement.
L’écriture devient alors un moyen de fixer la présence, la félicité, etc. d’un moment. Elle permet de ramener les souvenirs du bonheur, de rejouer les expérience de jouissances. L’écriture des rêves est, elle aussi, une joie. Et, à la lecture cette joie est actualisée, tout comme celle du souvenir.
L’écriture de Diderot met aussi en avant le lien étroit entre : Espace intérieur et Espace extérieur. Seul un environnement apportant un support sensitif à la méditation peut permettre à l’âme d’affleurer en surface de l’espace intérieur.

Je passerai sans en parler l’intervention de Chiara PALERMO autour de la peinture de Soutine, peintre russe (marginal) où l’acte de performance est remise en question.

L’intervention par contre de Sophie LIMARE était beaucoup plus intéressante, de mon point de vue, et traité de la notion du double de proximité. Ce double de proximité fait référence aux ombre, reflets et échos, comme reflet du réel et facteur de “réalité”. En effet ces double assure un ancrage au réel. Un grand maître en la question : Clément ROUSSET.
Sophie LIMARE proposa alors de traité la présence via ces doubles de proximité et à travers trois contemporaine : “Love & Hate” et “ECHO” de James HOPKINS, et “L’ombre de ‘moi-même’ ” de Philippe Ramette.

James HOPKINS est un artiste anglais. “Love & Hate” est une pièce faisant référence à la “nuit du chasseur” (film de 1955 – main avec les deux mots) et à “Mémento” (film de 2000 – marquage sur le corps).Cette pièce réutilise aussi le principe de l’Halucinose qui est une présence d’un absence, que l’on rencontre généralement chez les patients souffrant de membres amputés, et de la virtual reality box (boîte à miroir ) qui sert à faire croire que le membre fantôme (amputé) fonctionne bien. On peut aussi y voir le texte

fragmentaire et le jeu du forda présent chez Freud avec l’enfant et la bobine.
L’autre pièce de James HOPKINS est “ECHO” dont lesréférences premières sont faîtes à l’histoire de Narcisse et Echo dans les mythes, et à Magritte et son tableau du miroir où le personnage n’est “pas inversé”. Les effets du miroir étant d’inversé la gauche et la droite mais pas la profondeur.

La troisième œuvre est celle de Philippe RAMETTE, artiste français connu pour ses mise en scène etperformance dont les seules traces sont des photos. L’une de ses récentes pièce, “L’ombre de ‘moi-même’ ” propose la présence d’une ombre sans corps. Les vêtements sont au sol, disposé comme si le corps c’était “volatilisé”, et seul demeure l’ombre. Or qui dit ombre, dit obstacle à la lumière, donc corps. C’est cette tension que s’approprie l’auteur ici.
Il y a là dialogie de la présence/absence qui répond à la problématique de la possibilité de l’ubiquité offert par les technologies numérique. Comme le propose la répondeur : “Même absent, vous êtes là.”

Claudine ARMAND pris la suite de cette présentation tout en restant dans le domaine de l’art contemporain et en particulier celui de l’Amérique et des Etats-Unis.

              • Barnett NEWMAN, The sublim is Now, 1949 – ancrage de l’art américain, volonté de se détacher de l’europe, la présence : “ce moment foudroyant qui donne soudain le sentiment d’être” Bonnefoy
              • Ron MUECK, Two women, 2005
                Mask II, 2001–2002 – hyper-réaliste sculpture dont les échelles ne sont jamais “réelles”, cherche à capturer l’intérieur par l’extérieur
              • Lorna SIMPSONGarden Condition, 1981
                Sound Like, 1988 – témoigner, signifier, attester une présence
                Flipside1991 – le vide comme présence
                Cloudscape, 2004
                Chess, 2013 – photo de personnages anonymes extraits sur internet et remise en scène avec 5 miroirs, complexité du sujet, de l’identité et du temps
              • James LUNA, The Artifact Piece, 1985-1987 – artiste amérindien, artifact, présence, présence de l’amérindien, d’une culture
              • Marina ABRAMOVIC, The artist is present, 2010 – performance de la présence

Frédéric CURIEN conclut l’après-midi avec une présentation de l’art numérique et de son apport dans la question de la présence, à travers un historique de cet art et les questions et évolutions qui ont été soulevées.

About svetlanazehnder

Art student in France. My interests are : Tango and dancing, the people and their own stories, childhood illness and Japan and its'own culture. I treate these themes using sound, video and installation.
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