CR Workshop avec Rolando LOPEZ

CR Workshop avec Rolando LOPEZ (6 Novembre 2013)

Etait invité à l’EESIP Rolando LOPEZ, artiste mexicain en résidence à Angoulême pour une résidence avec SOMA plateforme de résidence à Mexico, où Fabien ZOCCO a fait un échange l’an dernier. Rolando LOPEZ détient deux masters, ce qui fait de lui un intellectuel au Mexique, car là-bas de nombreuses personnes ne vivent que pour survivre. Il a grandi et il vit à Aguacalientes, une petit province où la famille Guggenheim a installé, il y a de nombreuses années, une fonderie de cuivre et de plomb. Cette fonderie en plus de détruire le paysage de la région et surtout la créatrice de déchet toxique, pierre comprenant du plomb, qui emplissent des hectares de terres. Et malgré la proximité de ces déchets, et de l’histoire, les mexicains et le gouvernement ne présentent aucune conscience historique. Même les événements les plus récents et les plus atroces : attentats, assassinats, etc. semblent être absent des mémoires.

Rolando LOPEZ, conscient qu’il se joue ici l’avenir des générations futurs, propose et interroge dans ces créations artistiques : l’histoire, la mémoire des événements et les écarts du progrès. Le progrès salit les mains. Le progrès ce n’est pas des salles propres et ascéptisées, mais des champs de gravas toxiques dans lequel les enfants jouent, ce sont des ponts de pierres toxiques que traverse chaque jour les habitants, ce sont des maisons de pierre toxique. Et l’art n’est pas mieux. L’art, Guggenheim, est synonyme de maladie, de misère et de mort pour les citoyens d’Aguacalientes. Alors que Guggenheim supporte les activité de Kandinsky, il assèche les rivière mexicaines.

Dès ces première pièces Rolando LOPEZ pointe du doigt Guggenheim et l’état de sa région, tissant des liens. Il propose des maquettes de musée, musée Guggenheim, à Aguacalientes, réalisé à partir de pierre toxique et supposé s’installé dans la région dévastée. Il monte un dossier complet, viable mais pas encore soumis. Il effectue aussi des actes illicites comme : nommer une faille géologique du nom du président qui signa le contrat avec Guggenheim, nommer de manière ironique un pont construit de pierre toxique le Point noir pour l’Avenir, accrocher une plaque commémorative à la base de la cheminée de la fonderie, aujourd’hui abandonné, en hommage à l’ouvrier inconnu, etc. Il associe aussi son travail à celui des historiens. Il effectue des recherches sur les lieux, sur les contrats, sur les liens qu’il y avait, qu’il y a encore. Et ses recherches il les rends sous formes d’actes artistiques. Ainsi il publie à nouveau le seul journal ayant jamais parlé de la fonderie, de son activité et de ses conditions de travail. Il envoie à Guggenheim des carton d’invitation portant le nom des morts au travail dans la fonderie, carton enveloppé dans du papier carbon qui gardera trace de toutes les mains les ayant manipulées. Sur une idées semblables il créera un livre en papier carbon où, sur les feuilles du centre, sont inscrits les noms de tous les ouvriers ayant perdu la vie en activité. Nombres de ces actes artistiques prennent ainsi la forme d’intervention publique ou de performance.

Et ce qui intéresse aujourd’hui Rolando LOPEZ c’est de savoir si son envie de monter une association au Mexique qui proposerait une sensibilisation à la conscience historique et des améliorations pour la santé dans la région d’Aguascalientes, peut-être une action artistique. A partir de quand nait l’art ? A quoi sert l’art ? Etc.

C’est sans aucun doute la raison pour laquelle son workshop était constitué en grande partie d’un dialogue entre les participants. Car la philosophie d’enseignant de Rolando LOPEZ est fortement inspiré par Jacques RANCIERE et sur une idée d’égalité entre professeur et élèves. Autant être sincère, les étudiants français, trop longtemps formatés par une éducation où le silence doit régner et l’écoute reste maîtresse, ont bien du mal à prendre la parole. Or ce workshop s’incrivait dans le séminaire « Prendre Position », position vis-à-vis d’une proposition et de l’art. Car la grande question de ce séminaire restera pour moi : « So, what do you think about that ? ». Et that c’est l’art, la relation en art et science, la place de l’école d’art dans l’art, etc. De vaste question.

Au cours de ces échanges, ce qui m’a marqué c’est le non-sens qu’avait pour moi tout le début de l’échange. Je n’arrivais pas à « penser » quelque chose de l’art avec la science. Je ne savais pas sur quoi il voulait nous faire réfléchir. Je n’ai pû commencer à vraiment prendre position que lorsque l’être humain et la philosophie ont été ajouté à la réflexion. Quelle est ma place (celle de l’être humain) vis-à-vis de l’art, de la science, et de la philosophie ? Pour moi ces trois concept me permettent de prendre conscience d’une réalité, ils ouvrent mon champs de perception, d’analyse, et de réflexion. Cependant, en fonction de ma profession, de mes intérêts, je rends, dans mon cas, quelque chose à l’art. Et ce quelque chose je souhaite qu’il alimente à son tour la science et la philosophie et les autres être humains aussi. Ce ne sont pour moi que des échanges, des dialogues et des mises en relation entre des éléments.

Il nous par la suite emmener à penser la notion de système. Un système est composé d’éléments qui sont en relation, et l’ensemble de ses éléments et relation compose un champ, un contexte. Les systèmes peuvent être de deux sortes : clos ou ouvert. Un système clos est régi par la notion de pouvoir et puissance. Un système ouvert est peut-être plus chaotique mais aussi plus vivant. Ce qui différencie un système de l’autre est la présence d’agent, c’est-à-dire d’éléments ayant conscience de leur importance et de leur pouvoir à changer le système, plus que de sujet, qui eux n’en ont pas conscience.

Finalement ce que cherchait Rolando LOPEZ avec ce workshop c’était peut-être simplement d’interroger le système éducatif artistique en nous entrainant à passer de sujet à agent ? Ou aussi à nous faire penser le système de l’art et réfléchir notre présence et notre importance au sein de ce système où il nous faut être agent pour ne pas tomber dans un système clos ? Quoiqu’il en soit ce workshop et ces échanges m’ont permis de réfléchir la notion de système, les relations qui composent une œuvre, une installation, une performance, etc. Ces discussions m’ont obligé à prendre position, à prendre la parole et donc à être agent du système.

Pour plus d’information autour du travail de Rolando LOPEZ :

About svetlanazehnder

Art student in France. My interests are : Tango and dancing, the people and their own stories, childhood illness and Japan and its'own culture. I treate these themes using sound, video and installation.
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